L’open access et la publication collaborative

Un article bibliographique, avec des personnes engagées. 

La blogueuse Flora Clodic-Tanguy, solidaire et écolo, fait le lien entre open science et économie collaborative sur son blog :

L’open science, ce sont aussi de nouvelles pratiques comme l’open access: le libre accès. Pour des doctorants entrepreneurs ou des journalistes, le coût des articles peut être un sacré frein au savoir. Pour y remédier, l‘éditeur PloS rend par exemple accessibles gratuitement des milliers d’articles scientifiques. L’open science, c’est aussi l’open data, des données plus ouvertes, qu’on s’organise pour protéger.  “On n’a pas encore de réponse à cet énorme chantier!”, analyse Célya.

Célya Gruson-Daniel, c’est la co-fondatrice de la communauté hackyourphd: “La science et l’accès à la connaissance comme un bien commun.” Célya est aussi membre active de la communauté OuiShare.

Mon implication personnelle dans ce projet découle d’une motivation hors-norme à partager mes écrits et autres recherches: 

En commençant à écrire mon mémoire sur le sujet des modèles économiques des tiers-lieux, et grâce à la rencontre entre autre de Marc-Arthur Gauthey et de Célya au sommet OuiShare le mois dernier à Bruxelles, on a créé une dynamique et l’envie de développer un outils adapté à nos attentes. 

Stéphane Maurin, tuteur de mes recherches, de l’IUP de Grenoble me suit dans cette aventure qui ne suit pas le process académique d’écriture d’un mémoire.

En effet, quid (qu’en est-il) des connaissances et compétences que je vais acquérir ces prochains mois lors de la découverte de nouvelles statistiques et de nouveaux schémas? Le format de mon mémoire ne sera pas en PDF mais plus adapté tel que le format HTML, qui est un format plus collaboratif. 

D’après l’INSEE, 520 461 étudiants se sont inscrits en master à la rentrée 2012. Autant de sujets de mémoires distribués, étudiés, corrigés, lus, soutenus, et classés.

“Classés”. Prenant la poussière quoi. 

Dans son blog, Megan Fork soutient l’idée de partager ses recherches :

Je revois mon travail encore et encore car j’ai de nouvelles compétences et de nouvelles connaissances grâce à mes études qui m’ont lentement fait réaliser toutes les choses que j’aurais dû faire différemment. (Si seulement j’avais su ce que je sais maintenant!)

Quand j’ai commencé à écrire ma thèse, je n’avais aucune idée de combien de fois je choisirais de modifier ce document, toutes les fois où je souhaiterais modifier ou ajouter des détails de nouvelles études que je lis dans un journal ou lorsque j’apprends une nouvelle technique statistique.

Alexandre Monnin lance la présentation de son site le 13 décembre dernier, lors de la discussion sur le thème de “Thèses, mémoire : vers des formats et pratiques OpenScience? L’exemple de Philoweb.org

La création de ce site fut motivée  par un constat simple. En dépit des efforts actuels en direction de l’open access, concrétisés par le dépôt électronique des thèses qui offre à chaque docteur la possibilité de publier son travail en ligne (par défaut sur Theses.fr et de manière facultative sur TEL), celui-ci demeure en partie invisible sur le Web compte-tenu du format de publication retenu jusqu’à présent, à savoir le PDF. Aussi, ma thèse prenant pour objet l’architecture du Web, plate-forme ouverte s’il en est, il me semblait logique d’aller plus loin en terme d’accessibilité (et ce, dans tous les sens du terme). C’est pourquoi j’ai décidé de la publier intégralement sur ce site. A cet impératif s’ajoutent les possibilités aujourd’hui offertes par les outils de commentaires en ligne tel CommentPress, ici mis à contribution.

Un travail comme celui-ci vit plusieurs vies, et le Sphinx qui l’anime, à dire vrai, n’est jamais tout à fait rassasié.

Publications papiers, traductions, nombreuses sont les raisons de prolonger l’existence d’une entreprise académique, bien au-delà de la délivrance d’un diplôme venu sanctionner l’exercice scolaire auquel la thèse ne saurait pourtant se réduire.

phdcomics

Quid de ces outils et sites internet qui vont fleurir au fur et à mesure que l’open access se développe?

La première étape est la création d’un benchmark à travers un wiki collaboratif – un wiki est un site web dont les pages sont modifiables par les visiteurs, ce qui permet l’écriture et l’illustration collaboratives des documents numériques qu’il contient – on peut imaginer la comparaison de ces différents outils disponibles pour l’utilisation précise de co-écriture et participation à la création d’un document scientifique, comme par exemple : 

Comparaison de Google + et de Editorially: 

Editorially est ciblé sur la co-écriture, ne se concentre pas assez sur la mise en forme du document. Ainsi, la création de tableaux et autres graphiques n’est pas intuitive. Editorially permet le suivi en temps réel des modifications opérées sur le document, à condition que les collaborateurs y aient été invités. A l’inverse de LeanPub qui permet une collaboration en ligne et illimitée. 

LeanPub est un bon exemple de plateforme et d’outils avancée pour l’usage souhaité. En revanche cette plateforme est concentrée sur l’édition de livres, et non pas le partage de recherches gratuitement

Avec l’avènement de ces outils de publication collaborative et de l’open access, des sites Internet tel que Philoweb.org vont de se multiplier sur la toile. Une plateforme regroupant ces recherches en format ouvert est indispensable pour une collaboration plus efficiente et concentrée. Plus que les thèses doctorantes, les mémoires de Master sont alors concernés, ce qui permettrait de créer une base de donnée importante et de donner une plus-value sans précédente à ces documents universitaires trop peu partagés et dénigrés. 

sources complémentaires: http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=natnon07136

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