La valorisation de la littérature grise et l’avènement des archives ouvertes.

Diplôme de Master 1 Ingénierie Economique (IEE)

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La valorisation de la littérature grise et l’avènement des archives ouvertes.

Le cas particulier des mémoires de Master.

 

Kevin Ilardi-Franquet

 Sous la direction de Stéphane Maurin

Maître de conférences associé, Université Pierre Mendès France, Grenoble

Enseignant en Licence et master de Gestion d’Entreprise

 


 

Remerciements

Je remercie très vivement Stéphane Maurin, pour son ouverture d’esprit quant à l’écriture d’un mémoire de Master sur la valorisation des mémoires d’étudiants, ainsi que pour toute l’aide apportée au cours de la rédaction.

Une attention toute particulière à Olivia pour l’apport important fourni sur ce papier et la patience dont elle a su faire preuve.

Merci à Marc-Arthur Gauthey, Célya Gruson-Daniel et Jibé pour les échanges autour de la valorisation de mémoires et d’Open Access.

Je souhaite également remercier, pour leur disponibilité, Agnès Souchon, gestionnaire du portail DUMAS, et Lucie Albaret, gestionnaire de la plateforme SAGA.

Merci à mes amis et collègues, notamment Adrien et Nicolas et à ma famille pour sa présence et son soutien. 

Enfin, je tiens à remercier la communauté OuiShare et plus particulièrement le groupe OuiShare Research Student.


 

 

 

« Une tradition ancienne et une technologie nouvelle ont convergé pour rendre possible un bienfait public sans précédent. La tradition ancienne est la volonté des scientifiques et universitaires de publier sans rétribution les fruits de leur recherche dans des revues savantes, pour l’amour de la recherche et de la connaissance. La nouvelle technologie est l’Internet. Le bienfait public qu’elles rendent possible est la diffusion électronique à l’échelle mondiale de la littérature des revues à comité de lecture avec accès complètement gratuit et sans restriction à tous les scientifiques, savants, enseignants, étudiants et autres esprits curieux. Supprimer les obstacles restreignant l’accès à cette littérature va accélérer la recherchenrichir l’enseignement, partager le savoir des riches avec les pauvres et le savoir des pauvres avec les riches, rendre à cette littérature son potentiel d’utilité, et jeter les fondements de l’unification de l’humanité à travers un dialogue intellectuel, et une quête du savoir communs. »

 

Extrait de l’Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert, Budapest (Hongrie), 14 Février 2002

  

  1. Avant-Propos

 

L’avènement de l’économie collaborative, au sein de laquelle l’usage prédomine sur la propriété et l’échange ainsi que la collaboration sont privilégiés, est un tremplin pour aborder la thématique du partage, qu’il s’agisse de l’écriture par le biais de la co-écriture, des données, ou encore des connaissances. C’est cette thématique que j’ai choisi de traiter dans mon mémoire de master.

Mon implication personnelle dans ce projet découle d’une double motivation : d’une part, à partager- en amont comme en aval –  ce travail de recherche, et d’autre part, à valoriser cette catégorie de documents universitaires difficilement classables que sont les mémoires de Master.
En effet, au commencement de cet exercice académique, j’ai très rapidement réalisé que la rédaction d’un mémoire ne serait pas l’acte isolé d’un auteur, et figé dans le temps. Je n’avais aucune idée de combien de fois je choisirais de modifier ce document, afin de prendre en compte des informations nouvellement connues de moi. Je me confrontais donc à la réalité de tout chercheur : une impuissance devant la surcharge d’informations générée par un environnement numérique en pleine explosion, m’obligeant à actualiser ou améliorer mon mémoire au fil de ma prise de connaissance de ces nouvelles données.

Dans le but de mettre en œuvre cette recherche le plus pertinemment possible, j’ai choisi d’appliquer les principes qui y sont dégagés en recourant, dès que j’en ai jugé l’utilité et selon le critère de la meilleure pertinence d’expression, aux recherches, publications déjà effectuées, produisant ainsi un mémoire de type collaboratif.

Sur le plan pratique, la recherche de « terrain » qui a été mise en œuvre consiste au développement d’un groupe d’échange traitant de sujets d’économie collaborative, composé d’une communauté d’Early Adopters[1] plus encline à s’adapter à ces nouveaux mouvements de collaboration, visant à dépasser les insuffisances auxquelles j’avais été confronté avec les plateformes d’archives ouvertes existantes.

 

Par ailleurs, au cours de mes recherches et de ma réflexion, je formais l’hypothèse que l’absence de normalisation des mémoires d’étudiants entraîne une certaine dévalorisation de ces papiers. Ce phénomène semble atteindre les auteurs de ces manuscrits eux-mêmes, qui bien souvent sous-estiment leur mémoire. Une des conséquences en est le non-partage des données par les auteurs de mémoire. Néanmoins, il apparaît que cette dévalorisation des mémoires soit en premier lieu engendrée par le système éducatif lui-même, du fait d’un manque de communication par les plateformes existantes de Gestion électronique des documents (GED) des informations relatives à la publication et au partage des mémoires.

 

A quoi bon produire une littérature que personne ne peut lire ?

 

 

 

  1. Introduction

 

Selon une étude[2], qui a vraisemblablement été lue par plus de trois personnes, la moitié de tous les articles académiques n’est lue de plus de trois personnes.

Ce phénomène de sous-utilisation d’une partie de la littérature académique est parfaitement illustré par le concept de « littérature grise ». En effet, ce dernier terme renvoie à une vaste nébuleuse de genres et de formats de documents – notamment des rapports, des colloques, des thèses, et des mémoires d’étudiants – qui ne sont pas publiés à grande échelle (en dehors des circuits commerciaux) et intègrent donc un processus de diffusion restreint ; ce processus se trouve au cœur de la présente recherche.

Néanmoins, ainsi que cela sera démontré dans le contenu de ce mémoire, le concept de littérature grise n’est pas délimité de façon stricte ; dès lors, sa définition et ses composants sont variables et opaques.

Au regard des éléments théoriques encadrant la notion de littérature grise précédemment introduits, il apparaît que la question de la valorisation est fondamentale. Cette idée de valorisation devra s’entendre de deux façons : en premier lieu, traiter de la valorisation de la littérature grise renvoie à sa publication. En effet, tel que cela l’a été présenté, le concept de littérature grise est un concept valise, qui englobe par défaut une quantité « d’objets indéterminés » par leur forme, mais ayant en commun leur appartenance à de la littérature, et étant connus de peu d’individus, par opposition à la leur quantité globale, ainsi qu’aux autres circuits « traditionnels ».

On remarque donc aujourd’hui une nécessité criante d’améliorer la diffusion ou l’accès à cette littérature pour la valoriser, ce qui est dorénavant rendu possible tant par un environnement numérique prédominant que par le développement des archives ouvertes. En effet, la littérature grise fait l’objet d’une diffusion alternative au sein d’un circuit dit d’archives ouvertes, mouvement de constitution d’« un réservoir où sont déposées des données issues de la recherche scientifique et de l’enseignement et dont l’accès se veut ouvert c’est-à-dire sans barrière. »[3], et date de la moitié des années 2000. Toutefois, il semble que malgré cette avancée, la littérature grise continue d’échapper à un contrôle bibliographique et de s’adresser à des publics restreints.

En second lieu, s’interroger sur la valorisation de la littérature grise conduit inévitablement à aborder la question de la valeur, au sens de qualité, de ce type de production littéraire.  Ainsi, ces documents « gris » ne semblent pas de mêmes niveaux ou degré d’intérêts, tant au regard de leurs définitions, que dans la perception de leurs auteurs. Est-ce que une production de quantité est gage de qualité ?

Ces deux façons d’entendre la thématique de la valorisation de la littérature grise s’illustrent tout particulièrement dans le cas des mémoires de Master. En effet, le mémoire de Master, document exigé dans le cadre de la formation afin d’obtenir la validation du diplôme de Master, pâtit d’un manque d’encadrement légal (ce qui ne permet pas de le définir avec rigueur). Cela semble avoir deux conséquences qui seront par la suite développées : d’une part, l’absence de diffusion des mémoires de Master, et d’autre part, un écart problématique entre  la quantité et la qualité de cette production. Le présent papier traitera donc d’un type de document qui échappe tout particulièrement au recensement, et semble être laissé dans le plus grand désintérêt. Ainsi que je l’ai présenté liminairement, ces deux manifestations, l’une concernant la valorisation sur le plan de la publication, et l’autre concernant la valorisation sur le plan de la qualité, semblent influer réciproquement l’une sur l’autre, dans un cercle vicieux qu’il conviendra de tenter de briser.

 

Ce mémoire visera donc à s’interroger sur la question de la valorisation de la littérature grise en générale, et plus particulièrement, au travers du cas du mémoire de Master ; il s’agira ainsi de se demander comment est-il possible de valoriser ces documents qui constituent ou pourraient constituer une véritable mine de données scientifiques, et notamment au regard du mouvement croissant des archives ouvertes : ce mouvement est-il capable de conduire à une promotion, quantitative et qualitative, de la partie de la littérature grise concentrant l’intérêt de cette étude, les mémoires de Master ?

 

À la lumière des éléments présentés en Introduction, il semble que la réponse la plus adéquate à cette problématique doive s’organiser en deux axes principaux : il s’agira en premier lieu d’analyser la question de la valorisation, sous les aspects susprésentés, quant à la littérature grise en général.

Aussi, il sera opportun de présenter tout d’abord le cadre théorique du concept de « littérature grise », pour ensuite le mettre en lien avec l’environnement numérique émergent du libre accès, qui semble pouvoir répondre à la question de la valorisation, tant sous l’angle de la publication, que de la qualité.

 

Fort de cette étude générale de la thématique objet de ce mémoire, il sera alors possible et particulièrement instructif d’analyser ladite thématique au regard du cas des mémoires de master.

Ainsi, il s’agira donc après avoir présenté théoriquement les mémoires de Master – ce qui fait leur originalité dans la littérature grise et donc l’intérêt de cette étude, d’analyser le rapport entre cette catégorie de documents et l’accès libre, au travers de sa représentativité dans le monde des archives ouvertes. Si la question de la valorisation sera traitée sous l’angle de la publication, toutes ces analyses conduiront directement à s’interroger sur la valorisation au sens de la qualité des mémoires de master.

 

La dernière partie – conclusive – de ce mémoire permettra de proposer le bilan des recherches effectuées, particulièrement au regard des plateformes existantes, de proposer un outil alternatif aux insuffisances dénoncées des plateformes existantes consistant en un groupe Facebook Ouishare Research Students, et d’en déduire in fine une solution de fond au problème de la valorisation des mémoires de master résidant dans l’exigence légal d’un dépôt desdits mémoires.

 

 

Table des matières

LA LITTERATURE GRISE, DÉFINITION.. 8

LA LITTERATURE GRISE ET L’OPEN ACCESS : L’avènement des archives ouvertes. 10

L’INITIATIVE DE BUDAPEST POUR L’ACCES OUVERT. 12

LA LITTÉRATURE GRISE ET LE PROBLÈME DE LA QUALITÉ. 13

LA VALORISATION DES MEMOIRES DE MASTER EN PARTICULIER. 14

DEFINITION DE « MEMOIRE DE MASTER ». 14

LA PLACE DU MEMOIRE DE MASTER AU SEIN DES ARCHIVES OUVERTES. 15

La sous-représentativité des mémoires de master sur l’Internet. 15

La solution espérée des archives ouvertes. 15

LE MÉMOIRE DE MASTER ET LE PROBLÈME DE LA QUALITÉ. 18

Un mémoire de Master est-il vraiment gris ?. 19

  1. CONCLUSION.. 20

Bilan général des outils soumis à l’analyse (existants et proposé). 20

Laboratoire Ouishare Research Student. 21

Références. 23

 

                               

LA LITTERATURE GRISE, DÉFINITION

 

Le partage et l’archivage de la littérature grise sont un sujet sans cesse débattu, depuis la première définition du concept en 1979 et jusqu’aux récentes thématiques des archives ouvertes. « La littérature grise comprend des documents de niveaux très différents et qui n’appartiennent pas aux mêmes circuits. »[4]

La définition donnée par l’Afnor (Association Française de Normalisation) de la littérature grise est la suivante : «  [Tout] document dactylographie ou imprimé, produit à l’ intention d’un public restreint, en dehors des circuits commerciaux de l’édition et de la diffusion, et en marge des dispositifs de contrôle bibliographique. »[5] Ainsi, il s’agit des thèses, des rapports de recherche, des brevets, des actes de colloques, et des mémoires d’étudiants ; autrement dit, tous les documents « qui n’ont pas été publiés par les canaux de publication traditionnels peuvent être qualifiés de littérature grise.[6]

« Une autre définition, plus connue, est celle dite « de Luxembourg », discutée et approuvée lors de la 3ème conférence internationale sur la littérature grise en 1997 : « [Grey literature is] that which is produced on all levels of government, academics, business and industry in print and electronic formats, but which is not controlled by commercial publishers »[7]. La définition met en évidence deux caractéristiques majeures de ce type d’information : d’une part son universalité et son ubiquité, d’autre part la difficulté de l’identifier et d’y accéder par les circuits commerciaux de l’édition classique. »[8]

Cette définition souligne les principales sources de production de cette littérature. Néanmoins, il faut signaler qu’au-delà des différentes définitions énumérant divers types de documents comme faisant partie de la littérature grise, « en pratique, la notion n’est pas délimitée, de sorte qu’elle est impossible à définir uniquement au moyen d’une liste de ses composants. »[9]

 

Ainsi, il ressort de ces diverses tentatives de définition que la littérature grise est un ensemble flou, irrégulier et variable.[10]

Mais outre ces difficultés de définition du concept même de littérature grise et quant à ce à quoi il renvoie (ses composantes), d’autres enjeux sont soulevés par ce phénomène. En effet, en reprenant la définition de l’Afnor précédemment citée, il apparaît que la littérature grise présente un manque de contrôle commercial ; « c’est-à-dire que ces documents sont souvent insuffisamment signalés dans les catalogues ou les bases de données » [11], qui pose la question de sa visibilité – la difficulté est que si le dépôt légal permet d’estimer le volume de la littérature visible, par définition la littérature grise échappe pratiquement à tout recensement.[12]

 

Ainsi, la littérature grise n’est pas distribuée dans les circuits habituels de l’édition scientifique et fait donc l’objet d’une diffusion alternative, au sein d’archives ouvertes, de portails ou de bases de données spécialisées. Par ailleurs, on constate en premier lieu un manque de contrôle bibliographique, conduisant à s’interroger sur l’accès à cette littérature ; en second lieu, une vocation non marchande de ladite littérature ; en troisième lieu, une préservation de l’intégrité du document non assurée au long terme – la littérature grise n’étant pas soumise à l’obligation d’un dépôt légal ; enfin, une diffusion à l’intention d’un public restreint. [13]

 

Face à ces enjeux, la question du « libre accès » ou « accès libre » à la littérature grise est fondamentale. En effet, celle-ci semble être la mieux en mesure de permettre la valorisation de cette forme de littérature.

 

Par accès libre à cette littérature, nous entendons « sa mise à disposition gratuite sur l’Internet public, permettant à tout un chacun de lire, télécharger, copier, transmettre, imprimer, chercher ou faire un lien vers le texte intégral de ces articles, les disséquer pour les indexer, s’en servir de données pour un logiciel, ou s’en servir à toute autre fin légale, sans barrière financière, légale ou technique autre que celles indissociables de l’accès et l’utilisation d’Internet. La seule contrainte sur la reproduction et la distribution, et le seul rôle du copyright dans ce domaine devrait être de garantir aux auteurs un contrôle sur l’intégrité de leurs travaux et le droit à être correctement reconnus et cités. »[14] Ainsi, on constate que ce libre accès est aujourd’hui rendu possible grâce à l’environnement numérique prédominant, ainsi que de façon corrélative par la valorisation des archives ouvertes.

 

  

LA LITTERATURE GRISE ET L’OPEN ACCESS : L’avènement des archives ouvertes

Depuis plus de trois cents ans, les règles encadrant la publication des articles scientifiques sont sans contreparties. Les seules contreparties financières fonctionnent lorsque les coûts sont couverts par les abonnements. Le développement de l’Internet permet alors la distribution gratuite – ou en libre accès (Open Access) – aux lecteurs (Peter Suber, 2005). Par définition, le « libre accès », ou open access est digital, en ligne, gratuit, et libre de la plupart des copyrights (licences).

D’après la commission européenne[15], la hausse du prix des revues a poussé la communauté scientifique à s’orienter vers le libre accès, un modèle qui offre aux lecteurs l’accès, l’utilisation et la réutilisation gratuits sur internet.

Cette nouvelle technologie de l’Internet rend alors possible « la diffusion électronique à l’échelle mondiale de la littérature des revues (…) avec accès complètement gratuit et sans restriction » à tous les acteurs intéressés ce qui satisfait «  la volonté des scientifiques et universitaires de publier sans rétribution les fruits de leur recherche » et supprime « les obstacles restreignant l’accès à cette littérature [ce qui] va accélérer la recherche, enrichir l’enseignement, et rendre à cette littérature son potentiel d’utilité ». [16] Ainsi, le développement du libre accès constituerait une réponse adéquate au problème de l’insuffisante valorisation de la littérature grise (inhérente au concept lui-même) au regard de sa diffusion et de son accessibilité.

Ainsi, des initiatives de libre accès, d’archives ouvertes et de collaborations voient le jour concernant par exemple les thèses de 3ième cycle qui sont soumises à une réglementation stricte, notamment par l’obligation de publication.

À ce titre, on peut citer la communauté HackYourPhD, initiative de Célya Gruson-Daniel et de Guillaume Dumas qui regroupe des profils variés autour du sujet de l’Open Science avec « la volonté commune d’emmener plus de collaboration, de transparence, et d’ouverture dans les pratiques de recherche actuelles. »[17]

Selon la co-créatrice de ce projet, « l’Open Science, ce sont aussi de nouvelles pratiques comme l’Open Access: le libre accès. Pour des doctorants entrepreneurs ou des journalistes, le coût des articles peut être un sacré frein au savoir. Pour y remédier, l‘éditeur PloS rend par exemple accessibles gratuitement des milliers d’articles scientifiques. L’Open Science, c’est aussi l’Open Data, des données plus ouvertes, qu’on s’organise pour protéger.» (Célya Gruson-Daniel, 2013).

Une autre initiative réside dans le site Philoweb : celle-ci découle selon Alexandre Monnin,  qui a archivé sa thèse puis commencé la réécriture collaborative, d’un constat simple : « En dépit des efforts actuels en direction de l’Open Access, concrétisés par le dépôt électronique des thèses qui offre à chaque docteur la possibilité de publier son travail en ligne (par défaut sur Theses.fr et de manière facultative sur TEL), celui-ci demeure en partie invisible sur le Web compte-tenu du format de publication retenu jusqu’à présent, à savoir le PDF. »

Pourtant, selon lui, qu’il s’agisse de « Publications papiers, traductions, nombreuses sont les raisons de prolonger l’existence d’une entreprise académique, bien au-delà de la délivrance d’un diplôme venu sanctionner l’exercice scolaire auquel la thèse ne saurait pourtant se réduire. » (A. MONNIN, Philoweb, 2013). Ainsi, Philoweb permettrait de remédier à cette « perte » de documents potentiellement précieux. C’est sous ce second angle – de la qualité – que sera ultérieurement étudiée la question de la valorisation de la littérature grise.

Pour réaliser le libre accès à la littérature des revues savantes, l’Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert, lancée le 14 février 2002, élabore l’une des premières déclarations internationales majeures sur le libre accès, incluant une définition, une information de fond et une liste de signataire.

 

 

L’INITIATIVE DE BUDAPEST POUR L’ACCES OUVERT

Ce premier regroupement international en faveur du libre accès recommande deux stratégies complémentaires au « circuit classique » : la « voie verte » et la « voie dorée » (illustrées dans le schéma ci-dessous) :

  • La stratégie dite de la voie verte permet de qualifier l’auto-archivage par les chercheurs ou par une tierce personne des articles dans les archives ouvertes. Elle correspond à la première stratégie préconisée dans l’Initiative de Budapest pour l’Accès ouvert : celle de l’« auto-archivage. En effet, les savants ont besoin en premier lieu d’outils et d’assistance pour déposer leurs articles de revues devant un comité de lecture au sein d’archives électroniques ouvertes, une pratique communément appelée auto-archivage. »[18] La littérature grise se trouvant exclue du circuit commercial, elle s’inscrit directement dans la voie verte illustrée ci-dessous. C’est donc à cette voie verte (dans toutes ses étapes) qu’il sera référé tout au long de ce mémoire.
  • La stratégie dite de la voie dorée s’applique à la publication d’articles dans des revues en libre accès. Elle correspond à la deuxième stratégie recommandée dans l’Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert : celle des « Revues alternatives. Effectivement, les savants ont besoin en second lieu des moyens leur permettant de lancer une nouvelle génération de revues alternatives engagées dans le libre accès et pour aider les revues existantes qui choisissent d’opérer la transition vers l’accès libre. »[19]

Ces stratégies développées par l’initiative de Budapest présentent des solutions pour résoudre le problème de la faible valorisation de la littérature grise en termes de diffusion. Néanmoins, la solution ne viendrait-elle pas davantage de l’amélioration de la qualité de cette littérature ?

 

LA LITTÉRATURE GRISE ET LE PROBLÈME DE LA QUALITÉ

La question de la valorisation de la littérature grise doit s’entendre d’une autre façon que celle de sa diffusion. En effet, ainsi que cela a été annoncé en Introduction, s’interroger sur la promotion de la littérature grise passe nécessairement par la mise en question de sa qualité, qu’il s’agisse là d’une cause ou d’une conséquence de cette faible valorisation attribuée à cette forme de littérature.

En considérant cette hypothèse en amont – la faible qualité de la littérature grise constituant la cause de l’insuffisance de valorisation au sens de la publication – on est en droit de se poser la question de la qualité concernant les composantes de la littérature grise, au regard en premier lieu du flou de la définition elle-même de ce concept. Effectivement, le premier obstacle à la qualité des documents inclus dans la littérature grise est la définition extrêmement large, imprécise, et la liste non-exhaustive de ses composantes. Dès lors, cette catégorie de littérature semble devenir un « fourre-tout », une catégorie valise, par défaut, dans laquelle sont inclus tous types de documents n’entrant pas dans le ou les circuits traditionnels. Toutefois, au sein même de cette vaste catégorie, il semble que d’autres nuances (pour rester dans l’image des couleurs) soient remarquables. On peut ainsi voir apparaître une littérature gris sale, voire noire (ou au contraire, certaines déviant vers le blanc).

On peut suggérer également que l’existence ou non d’un dépôt légal sur les documents, composantes de la littérature grise aurait des conséquences sur la qualité de ceux-ci. Alors que la plupart des documents visés par l’Initiative de Budapest concernent les dépôts légaux des publications, on constate en France que certains documents compris dans la littérature grise  ne sont pas soumis à une réglementation concernant la question de leur dépôt. C’est notamment le cas des mémoires de master, qui concentrent de ce fait notre intérêt de notre étude.

 

En considérant maintenant cette hypothèse en aval – la faible qualité de la littérature grise constituant alors la conséquence de l’insuffisance de valorisation de la publication – il semble possible d’imaginer que la difficulté de promouvoir/diffuser un document inclus dans la littérature grise engendre chez son auteur une passivité, voire désintérêt dans la production de ce document. Ce manque de motivation (à la diffusion) pourrait donc expliquer une plus faible qualité de ces documents.

Par ailleurs, et inversement, il apparait qu’une diffusion à « ciel ouvert » ne garantisse pas une production de qualité. En effet, depuis l’avènement du libre accès dans les années 2000 on peut se demander si la « révolution » qualitative de la littérature grise a eu lieu ?

Sans prétendre répondre à cette question d’ordre général, un point de vue sera présenté ici en ce qui concerne particulièrement le cas des mémoires de master. 

 

 

LA VALORISATION DES MEMOIRES DE MASTER EN PARTICULIER

DEFINITION DE « MEMOIRE DE MASTER »

Ainsi que cela a été avancé précédemment, le mémoire de master est inclus dans la catégorie de la littérature grise. Cependant, qu’est-ce qu’un mémoire de master ? Il semble y avoir autant de définitions que d’établissements et de parcours de formation. Malgré la variété de ces définitions, certaines caractéristiques minimales communes peuvent être identifiées[20]. Un mémoire renvoie ainsi à :

  • Un travail individuel et écrit, dans le cadre et en lien avec un parcours de formation spécifique.
  • Un travail obligatoire du 2ème cycle (1ère ou 2ème année de Master), sous la responsabilité d’un enseignant.
  • Un projet et/ou une thématique choisi(e) par l’étudiant en concertation avec un ou plusieurs enseignants.
  • Une méthodologie à caractère scientifique (étude approfondie dans le périmètre de recherche, analyse pratique et/ou théorique, bibliographie).
  • Une réflexion à caractère personnel, autonome et novateur.

Le mémoire peut être l’aboutissement d’un projet de recherche ou d’un stage. Il fera l’objet d’une évaluation et/ou d’une soutenance.

Comme le rappelle Sophie CHAUVIN, « L’intérêt des mémoires est lié à leur caractère empirique (expérience pratique, étude de cas), leur synthèse documentaire (état de l’art) et leur réflexion et expérimentation méthodologique. »[21]

 

Après avoir tenté de proposer une définition – théorique – des mémoires de master, quelques données empiriques concernant leur nombre en France, aujourd’hui, s’imposent. Ainsi, d’après l’INSEE, 520 461 étudiants se sont inscrits en master à la rentrée 2012. Tout en conservant une nécessaire précaution face à l’aspect approximatif de ces conclusions, il paraît tangible de supposer qu’au moins autant de sujets de mémoire de Master sont donnés, étudiés, rendus, et notés. Il n’est pas possible d’être plus précis, puisque les formations de master ne sont pas distinguées selon qu’elles poursuivent un but de recherche ou de professionnalisation, en partant de l’hypothèse que les mémoires de master sont au moins exigés dans les parcours de recherche et variablement exigés dans les masters à parcours professionnalisant.

Malgré cette quantité annuelle supposée de mémoires de master en France, il faut remarquer qu’aujourd’hui encore la majorité des travaux bibliographiques et de recherche des étudiants de master (tous domaines confondus) n’est pas répertoriée dans une base de données quelconque, les sujets n’étant par conséquent pas – aisément – connus du grand public. Ces étudiants peuvent néanmoins, s’ils le souhaitent, publier librement leurs recherches en ligne sur différentes plateformes spécifiques d’archivage ouvert, ceci ne donnant ainsi pas lieu à une base de données générale, à l’échelle nationale.

 

Cependant, l’arrivée d’une plateforme institutionnelle à vocation nationale pourrait combler ce déficit. Il s’agira donc maintenant d’étudier la relation du mémoire de master avec les archives ouvertes.

 

LA PLACE DU MEMOIRE DE MASTER AU SEIN DES ARCHIVES OUVERTES

La sous-représentativité des mémoires de master sur l’Internet

Concernant la place de la littérature grise « universitaire » (thèses, mémoires d’étudiants, rapports, etc.) dans cet environnement émergent qu’est le libre accès, le premier répertoire international d’archives ouvertes, le Directory of Open Access Repositories (OpenDOAR) mis en place par les universités de Nottingham et de Lund, recense 90 sites différents d’archives ouvertes en France (Juillet 2014). Mais malgré les avantages de la diffusion électronique, les mémoires d’étudiants sont sous représentés dans les archives ouvertes. En France, les mémoires d’étudiants au niveau Master ne représenteraient aujourd’hui moins de 1%[22] du contenu des archives ouvertes nationales.

On peut supposer que cette très faible représentativité des mémoires de master sur la toile est en partie due à une absence de normalisation entrainant un manque de repérage et d’identification des documents gris et rend alors leur accès plus difficile[23]. L’auteur du mémoire produit une littérature et une bibliographie qui est peu accessible et l’usager intéressé est souvent privé des possibilités d’accès aux données. A vrai dire, les auteurs de ces papiers sous-estiment l’intérêt de leur production ou se contentent de les communiquer à ceux, selon eux, qui sont aptes le comprendre et l’apprécier. Ici, on pourrait basculer vers l’autre sens donné ici à la thématique de la valorisation qu’est la mise en cause de la qualité des documents en question.

Ce phénomène d’auto-dévalorisation du produit académique construit est déplorable en ce qu’il conduit à une non utilité au-delà du cadre stricte de la formation (de Master) de ce document, dont le potentiel en analyses, données, résultats, est grand pour le reste de la communauté scientifique. Ainsi, les auteurs de ces documents semblent ignorer ou négliger les usages possibles des données contenues dans ces rapports ou ces études. Il faut toutefois distinguer la littérature grise, qui devrait être transparente et ouverte au monde, de la littérature « rouge », qui est les rapports de confidentialité industrielle, scientifique ou de sécurité, se devant d’être laissée dans une diffusion plus restreinte.

 

Face à ce constat, le développement du libre accès, et notamment des archives ouvertes a, comme cela l’a été précédemment avancé, pu sembler constituer une solution de valorisation des mémoires de Master.

 

La solution espérée des archives ouvertes

En effet, suite au mouvement des années 2000, on a pu constater l’émergence de plateformes institutionnelles d’archives ouvertes au sein des universités qui ont tenté de palier ces difficultés de diffusion et d’accès aux mémoires de Master. Ces plateformes sont hébergées au sein de HAL[24] (Hyper Articles en Ligne). Il faut dès lors s’arrêter quelques instants sur cette abréviation à la sonorité « barbare », et qui recouvre plusieurs aspects à signaler.

En France, la plateforme d’Archives Ouvertes HAL  fait preuve d’une montée en puissance au niveau national en proposant une offre facile à mettre en place, évoluée et adaptée aux besoins des établissements en proposant une qualité de signalement des travaux et l’ouverture des données, ainsi qu’un archivage pérenne.

« L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, et de thèses, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés. »

« Hal est un outil de communication scientifique directe développé par le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD) (…). Les documents qui sont déposés sur le serveur Hal deviennent immédiatement et gratuitement accessibles aux chercheurs du monde entier, de façon permanente. Le but est d’améliorer la dissémination des résultats de recherche, tout en rendant plus facilement visible la production scientifique des laboratoires ; il s’inscrit dans le cadre du mouvement international OAI (Open Archive Initiative) par la promotion d’un auto-archivage institutionnel et pérenne.

Hal n’est donc pas un serveur de prépublications (“pré-prints”), d’où l’on pourrait retirer les documents une fois qu’ils sont publiés par ailleurs. C’est une archive ouverte permanente, où les documents restent consultables sans limite dans le temps. »[25]

Comme cela a été introduit préliminairement, il existe aujourd’hui deux archives ouvertes spécifiquement consacrées à la diffusion des mémoires de Master au niveau national, hébergées par HAL:

  • La plateforme MemSIC: une archive ouverte consacrée aux mémoires de Master en Science de l’Information et de la Communication rassemblant 396 documents en texte intégrale (20/07/2014).

 

  • La plateforme DUMAS: une archive ouverte multidisciplinaire rassemblant 5125  documents en texte intégral (20/07/2014) ;

 

« Le site DUMAS, au départ dédié aux mémoires de l’université de Grenoble évolue vers une archive nationale des mémoires (Il est apparu évident qu’une solution menée en partenariat avec le CCSD se devait d’être proposée à la communauté nationale.) L’intérêt d’un tel site est la masse critique et sa visibilité. »

DUMAS privilégie le dépôt des mémoires sous la responsabilité des professionnels de la documentation ou d’enseignants chercheurs désireux de valoriser les travaux de leurs étudiants.

Cependant, tout comme dans HAL, il est possible de mettre un embargo sur le texte intégral d’un dépôt pour protéger un travail de recherche qui se poursuit.

 DUMAS contribue ainsi à valoriser les activités pédagogiques et de préparation à la recherche des établissements d’enseignement supérieur.

 En acceptant d’héberger DUMAS, un portail de HAL dédié aux travaux de niveau bac+4 minimum, le CCSD a officiellement reconnu la valeur des travaux des étudiants de niveau Master et s’engage dans leur valorisation.

On aura compris que la question de la valorisation de la recherche est complètement d’actualité dans les établissements d’enseignement supérieur qui est très au fait de leur intérêt en valorisant ces publications, tout comme leur circulation, qui sont la partie visible de l’activité de recherche, en mettant en œuvre des moyens humains, matériels, et financiers dont ils disposent. Ainsi, on observe une progressive – mais lente – prise de conscience par les étudiants de la portée de leur travail, qui donne tout son sens à la dimension de valorisation de l’archive.

Malgré cette évolution positive, selon V. Mann ces deux plateformes sont encore sous-utilisées (on peut noter que l’auteur proposait comme raison de cette sous-utilisation la relative jeunesse de ces dispositifs (MemSIC en 2003 et DUMAS en 2008), ce qui apparait critiquable aujourd’hui). En effet, les mémoires de master pâtissent d’un manque de communication à destination tant des étudiants que des communautés d’enseignants-chercheurs, les plus réticents au dépôt électronique.[26]

Simplement, pour des raisons de confidentialité ou de qualité, par exemple, tous les mémoires ne sont pas diffusés à large échelle mais peuvent l’être, de manière sélective, via une GED – Gestion électronique des documents –  par exemple, au sein de l’établissement.

À côté de ces deux premières plateformes spécifiques, limitées dans leur champ d’action, une troisième plateforme d’archivage ouvert en cours d’élaboration est consacrée à la diffusion de TOUTE la production scientifique des 6 établissements des universités de Grenoble.

 

  • La plateforme SAGA (GED)

Les établissements universitaires du site Grenoble Alpes ont souhaité se doter d’une plateforme commune de dépôt et de gestion des publications de recherche. Cette volonté se concrétise aujourd’hui par le lancement du projet SAGA « Scientific Achievement Grenoble Alpes – plate-forme de la production scientifique des universités de Grenoble Alpes » financé par le PRES. L’originalité et l’intérêt de cette plateforme réside dans l’unicité de la démarche ayant pour finalité la diffusion de TOUTE la production scientifique des 6 établissements des universités de Grenoble. Celle-ci est permise par un site web unique prenant en compte les productions existantes et non-existantes dans HAL, en vérifiant la cohérence des données et en adaptant la visualisation de ces données selon les besoins, et permettant l’exploitation des données saisies. Selon Lucie Albaret, conservateur, SICD2 BU Droit-Lettres et responsable du projet de plateforme commune de dépôt et de gestion des publications de recherche pour les universités de Grenoble Alpes : « Cette plate-forme offrira en outre des services aux chercheurs (simplicité de dépôt et liste des publications) et permettra une grande visibilité de la production scientifique de nos établissements ».

 

En guise de premier – et provisoire – bilan, il faut remarquer que par la création de ces plateformes d’archivages ouverts une certaine normalisation a pu avoir lieu. Néanmoins, ce mouvement va de pair avec un encadrement plus rigide du dépôt de ces mémoires sur lesdites plateformes (avec notamment en amont la décision d’un jury final), ce qui crée une sélectivité, voire une élite.

Cette limite peut toutefois être contournée au regard de l’argument de la qualité, une certaine sélection étant nécessaire à s’assurer de la valeur des documents publiés. Il faudra donc maintenant étudier la question de la valorisation des mémoires de master spécifiquement entendue comme génératrice/pourvoyeuse de qualité.

LE MÉMOIRE DE MASTER ET LE PROBLÈME DE LA QUALITÉ

Les premiers éléments – contextuels – de la valorisation qualitative des mémoires

La question de la qualité des mémoires de master est centrale pour traiter la thématique de la valorisation de ces documents, inclus dans la plus large catégorie de la littérature grise. Ainsi que cela a été écrit préalablement au regard de la littérature grise en général, nombreuses sont les potentielles raisons et solutions de ce phénomène. Au titre des solutions, il a été présenté que le mouvement récent de libre accès était destiné à jouer un rôle vers la valorisation des mémoires de master. Ainsi, on peut avancer que la perspective de la « mise en vitrine » du mémoire peut engendrer une amélioration de la qualité dudit document. En effet, les enseignants des formations de niveau master ont pu constater « une hausse de la qualité des mémoires : ils relèvent, d’une manière générale, que les étudiants sont plus rigoureux. Ils sont par ailleurs très satisfaits de la visibilité de leur travail d’encadrement de recherche. Parallèlement, les établissements d’enseignement constatent que [les plateformes d’archives ouvertes] donnent aussi une visibilité supplémentaire à leurs formations »[27].

Néanmoins, la « révolution » du libre accès ne semble pas avoir suffi à modifier significativement la faible valorisation des mémoires, tout du moins en matière de publication, et peut-être également, de qualité. Ainsi, il semble justifier de s’interroger sur la critique de la qualité des mémoires de master, souvent exprimée, qui pourrait expliquer la faiblesse de leur diffusion tel que cela a été énoncé.

Sans rentrer dans une généralisation d’une situation aussi large que celle des mémoires de master, il semble possible d’écrire sans risquer la simplification excessive ou le défaut de scientificité des propos que ce type de document pâtit d’une qualité variable. Hautement variable. Il faut à ce titre rappeler que les mémoires sont les premiers pas des étudiants dans le monde de la recherche. On fait face à des mémoires qui ne sont pas forcément valorisables et qui pourraient, une fois publié au sein d’archives ouvertes, être contre-productif.

Dès lors, plusieurs questions se posent :

  • tout d’abord, si 500.000 documents sont peut-être écrits chaque année, combien présentent un réel intérêt de diffusion à large échelle ?
  • En outre, ne faudrait-il pas valoriser – en termes de diffusion – uniquement les mémoires de Master qui en valent la peine ? En effet, on ne peut pas vouloir à tout prix “valoriser” un travail qui n’est pas “valorisable” et ne présente aucun ou peu d’intérêt pour la communauté scientifique représentée par le jury, spécialiste de la question.
  • Enfin, la question de la valeur conférée aux mémoires de master par toute la communauté universitaire conduit à s’interroger sur la nature du mémoire de master au regard de sa classification dans la littérature universitaire.

Un mémoire de Master est-il vraiment gris ?[28]

Si la définition classique du concept de littérature grise semble conduire ipso facto à inscrire les mémoires de master dans cette catégorie, la question particulière de la classification ou de la nature des mémoires de master se pose avec une particulière acuité (pouvant justifier une distinction des autres types de documents constituant la littérature grise, bien que nous ayons précédemment démontré le flou de ce concept et la flexibilité de sa composition). En effet, les mémoires de master en ce qu’ils sont produits par des auteurs faiblement ou non reconnus dans leur milieu, et qu’ils constituent un élément obligatoire de la formation de master (conditionnant l’obtention du diplôme y relatif) sont globalement dévalorisés. Ce qui a pour conséquence, en amont, une moindre qualité de la plus part des mémoires de master, et en aval, l’absence d’utilité, de fructification de ces documents. Ainsi, ils peuvent être considérés comme de la littérature noire, en ce qu’ils seraient une littérature « morte » ou « déchet » après usage dans l’année de formation et obtention du diplôme.

Selon  J. SCHÖPFEL, le critère déterminant fondant la distinction entre les deux catégories de littérature (grise et noire) est « la qualité et la valeur scientifique et/ou technique du document en question », qui est « complémentaire au mode de diffusion et à la propriété intellectuelle », ce critère permet de distinguer la littérature grise des documents “gris foncés” sans intérêt pour la recherche et l’enseignement.

En effet, alors que la diffusion et la production sont des attributs essentiels pour déterminer la ligne de partage entre les documents commerciaux (blancs) et gris, la propriété intellectuelle et la qualité sont utiles pour le “côté obscur” de la littérature grise, par exemple pour faire une distinction nette entre les travaux du premier cycle universitaire et les mémoires de Master ou thèses de doctorat, ou entre un document de travail et un manuscrit dans une version préliminaire, provisoire et transitoire.

D’autres documents gris comme les thèses, mémoires ou communications sont soumis à des procédures de “labelling” et/ou de validation qui garantissent un niveau minimum de qualité.

 Ainsi, afin d’encourager l’étudiant de Master à partager ses recherches et à publier celles-ci, il semble qu’une communication accrue doive être mise en place, ainsi qu’une revalorisation qualitative et « morale » (dans l’esprit des auteurs et des universitaires) de ces papiers. Nous verrons dans quelle mesure ces conditions peuvent être dites avoir été satisfaites.

 

 

CONCLUSION

Bilan général des outils soumis à l’analyse (existants et proposé)

Au regard du mouvement important des archives ouvertes, les universités mettent en place des plateformes permettant l’archivage de mémoires de Master « de qualités » (DUMAS), validés avant publication par un jury, ainsi que des plateformes d’auto-archivages (SAGA) permettant la publication de tout document scientifique.

Mais ces plateformes ont-elles pour autant réussi à améliorer la valorisation – dans les deux sens du terme entendus dans ce papier – des mémoires ?

 

Ainsi que cela a été énoncé précédemment, la valorisation des mémoires de Master passerait en partie par une publication « à ciel ouvert » via des plateformes d’archives ouvertes dédiées.

Les étudiants apprécient les archives ouvertes en tant que ressource documentaire proposée sur une même base, favorisant ainsi les recherches thématiques. Il y a une prise de conscience de la part de ces auteurs de la portée de leur travail, ce qui donne tout son sens à la dimension de valorisation de l’archive. Les enseignants ont pu constater une hausse de la qualité des mémoires et sont très  satisfaits de la visibilité de leur travail d’encadrement de recherche. Enfin, les établissements d’enseignement constatent que les plateformes d’archives ouvertes – dont la plateforme DUMAS – donnent une visibilité supplémentaire à leurs formations.

En revanche, plusieurs arguments viennent dégrader ce constat. L’absence de visibilité de ces plateformes n’est pas l’unique argument qui vient nuancer le dynamisme de l’avènement du libre accès et des archives ouvertes.

Le circuit de publication de mémoires de Master par ses auteurs est pallié de plusieurs difficultés. On a vu que la publication sur des plateformes locales ou nationales des papiers par leurs auteurs est soumise à un circuit long et périlleux. Etant donné que les documents gris et plus précisément les mémoires de master ne sont pas compris dans le circuit éditorial qui en assurerait le signalement, les professionnels autour de cette voie ne semblent pas avoir les moyens pour sortir ces documents de l’ombre. En effet, aucun service de prêt  de mémoires de master entre bibliothèques universitaires n’est assuré. « De plus, l’accès aux exemplaires disponibles dans la bibliothèque (…) se limite à la consultation sur place sans aucune possibilité de photocopier les passages dont [les étudiants] ont besoin (interdiction sous prétexte de respect de droit d’auteur). Ils sont par conséquent obligés de copier à la main les pages intéressantes. »[29]

« Il convient de préciser que la numérisation des documents et les mettre en ligne relèvent des défis d’ordre technique (comme le choix d’un numériseur, le choix de mode de la numérisation : texte ou image) ; économique (tout projet de numérisation nécessite une définition préalable de mode de financement) ; juridique (il faut tenir compte des droits attachés aux documents à numériser) ; professionnel (savoir-faire des bibliothécaires chargés du projet) ainsi que scientifique (il s’agit de la sélection intellectuelle du corpus) »[30]

Il est nécessaire de rappeler que « [les] coûts d’archivage ne peuvent être pris en charge que par une structure publique qui garantit une continuité de service et de l’action de qualité dans un secteur sans intérêts commerciaux ou retours sur intérêts »[31].

Si toutefois un étudiant de master arrivait à partager ses recherches, les risques de plagiat et les contraintes éditoriales sont omniprésents. Pour n’en citer qu’un : la réglementation de HAL ne permet pas de retirer un papier après publication ce qui constitue un certain risque pour l’auteur.

L’arrivée de la plateforme institutionnelle DUMAS à vocation nationale semblait pouvoir combler ces déficits. Seulement, le constat est que les mémoires d’étudiants sont sous représentés dans les archives ouvertes et ne représenteraient aujourd’hui moins de 1% du contenu des archives ouvertes nationales en France.

Par exemple, on peut se poser la question du nombre de mémoires présents sur les plateformes présentées (MENSIC, DUMAS). Au regard de ces forces et faiblesses des plateformes existantes, du nombre de documents partagés et de l’intérêt que les étudiants portent pour ces plateformes, on peut supposer que cette très faible représentativité de ces mémoires de master sur la toile est due à un deux facteurs avancés dans ce mémoire :

Il semble y avoir un manque de communication de la part des acteurs de cette partie de la littérature grise ce qui mène inévitablement à sa dévalorisation. Il est frappant de constater qu’en 2013 (après l’édification des plateformes) A. Monnin (Philoweb, 2013) déplorait encore l’absence d’une « plateforme regroupant ces recherches en format ouvert est indispensable pour une collaboration plus efficiente et concentrée. Plus que les thèses doctorantes, les mémoires de Master sont alors concernés, ce qui permettrait de créer une base de données importante et de donner une plus-value sans précédente à ces documents universitaires trop peu partagés et dénigrés. » Ceci peut être significatif du manque de communication relatif à ces plateformes.

En effet, ce travail de recherche et d’investigation ne sont que les premiers pas des étudiants dans la recherche académique mais sont valorisés seulement par l’obtention d’une note et d’un diplôme et en aucun cas par la valorisation du papier lui-même qui pourrait mener à des opportunités professionnelles et dont les données constitueraient une base de données importante pour les étudiants.

Au regard de ces limites, et grâce à l’avènement de l’auto-archivage, la création du groupe OuiShare Research Student semble pouvoir combler ces déficits.

 

LABORATOIRE OUISHARE RESEARCH STUDENT

L’initiative du groupe OuiShare Research Student étant de privilégier la collaboration en mettant en relation les auteurs d’une même thématique – l’économie collaborative – et ainsi faciliter l’échange et la collaboration.

Le groupe est utilisé comme un « laboratoire » pour étudier et répondre à des problématiques précises. La mission étant de construire une base de données collaborative autour du thème vaste et en vogue de l’économie collaborative. Le groupe compte plus de 300 membres depuis son ouverture (7 mois) et a permis les échanges et le dépôt d’une vingtaine de papiers, essentiellement des mémoires de Master.

Nos résultats ont fait apparaître que les mémoires de master (à finalité recherche et/ou à finalité professionnelle) sont souvent utilisés par les étudiants en études supérieures mais ceux-ci font face à des difficultés à accéder à ces documents, notamment les travaux soutenus dans les autres universités. La plupart des étudiants ne savent pas les droits qui leurs sont accordés à propos de la production et de la diffusion de leurs recherches, qui semblent être autorisés à partager leurs recherches seulement après publication ; cela veut dire que la collaboration n’est pas possible. De plus, la diffusion de nombreux mémoires de master à finalité professionnelle pâtissent de clauses de confidentialité trop importantes.

Les enseignants souhaitent pouvoir accéder facilement aux travaux des étudiants déjà gradués. Outre la mise en place d’un dépôt légal des mémoires de master, la mise en place du dépôt électronique est primordiale afin de valoriser ces travaux.

Le mémoire de Master n’étant pas soumis à des dépôts légaux, la réglementation est plus souple (rapport de cause à effet entre le dépôt légal et l’absence a priori de définition légale). Face à ce constat, « il y a plusieurs arguments en faveur d’une politique de dépôt des mémoires de Master dans des archives ouvertes[32] :

Une meilleure dissémination des mémoires = éviter les doublons en ayant accès aux travaux déjà réalisés et poursuivre les travaux déjà engagés, lutter contre le plagiat etc.

  • Un renforcement du label de l’institution = meilleure visibilité pour institutions et étudiants ainsi qu’une valorisation des formations et des étudiants, avec un impact positif sur l’insertion professionnelle.

Dans l’esprit de l’Initiative de Budapest[33], une trentaine de promoteurs du Libre Accès ont émis des recommandations, pour les dix ans à venir, en faveur du dépôt dans des archives ouvertes :

  • Sur un plan politique: toute institution de l’enseignement supérieur doit s’assurer que pour chaque article, la version validée par les pairs est déposée dans une archive ouverte.
  • Sur un plan juridique: adopter une licence qui donne les droits de publication, diffusion, utilisation et réutilisation pour chaque résultat de recherche.
  • Sur un plan technique: toute institution doit avoir à disposition une archive ouverte pour le dépôt des articles et leur conservation.
  • Sur un plan promotionnel: travailler avec l’ensemble des acteurs pour créer des guides de bonnes pratiques et les promouvoir.

Bien qu’étant une communauté à part entière, le groupe OuiShare Research Student ne jouit pas des avantages d’une réglementation stricte ce qui empêche son développement. De plus, la place de ce groupe sur un réseau social ne peut pas constituer une réponse suffisante à ces difficultés. Plusieurs solutions peuvent être envisagées.

Au regard des outils existant et de l’avènement de l’Open Access –ou libre accès – ainsi que de l’économie du partage ; quels moyens avons-nous pour contourner ce décalage ?

 

 

 

Références

 ALASSAF A., « Construction d’une offre de services pour le public universitaire en Syrie, approche managériale », Lyon, le 22 novembre 2011, pp.1-270.

BIHAN S., CAMBIER-MEERSCHMAN P., GRANGE S., Nouveau dépôt des thèses, nouveau positionnement pour les bibliothèques ? », In Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], n° 1, 2011 [consulté le 25 juillet 2014].

BULLETIN DES BIBLIOTHEQUES DE FRANCE, « Un meilleur sort pour la littérature « grise » ou « non conventionnelle. », Paris, t. 24, n°7, 1979, pp. 1-5.

 CLAERR T., WESTEEL I, « Numériser et mettre en ligne », presses de l’enssib, coll. La boite à outils, essai, 03/2010

COMBEROUSSE M., « La littérature grise » in BULLETIN DES BIBLIOTHEQUES DE FRANCE, Paris, t. 38, n°5, 1993, pp.1-3.

CHAUVIN S., GALLEZOT G., SCHÖPFEL J., « Les mémoires de Master dans les archives ouvertes », Juillet 2010, pp. 1-49.

 COMMISSION EUROPEENNE, « Pour un meilleur accès aux informations scientifiques : dynamiser les avantages des investissements publics dans le domaine de la recherche. », in Communication de la commission au Parlement européen, au Conseil, au comité économique et social européen et au comité des régions, Bruxelles, Juillet 2017, pp. 1-14.

 CONSEIL SUPERIEUR DES BIBLIOTHEQUES, “Le traitement de la littérature grise”, in Rapport annuel du Conseil supérieur des bibliothèques, Paris, Association du Conseil supérieur des bibliothèques, 1993, pp. 55-66. http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/1093-le-traitement-de-la-litterature-grise.pdf

LOKMAN I MEHO, « The rise and rise of citation analysis », in Physics World, January 2007, pp. 32-36.

MANN V., « La valorisation des mémoires d’étudiants sur une archive ouverte institutionnelle : un fonds et un contexte spécifique. », dir. SCHÖPFEL J., & BESEGHER., Université Lille 3 Charles-De-Gaulle, Juin 2010, pp. 1-73.

http://memsic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/50/26/24/PDF/vmann_memoire_m1ICD_2010.pdf

 

SCHÖPFEL J., « Le devenir de la littérature grise », in Edition numérique et fourniture de documents. http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/13/68/29/HTML/

 

SCHÖPFEL J., « Vers une nouvelle définition de la littérature grise », in Cahiers de la Documentation 66 , 3 (2012) 14-24, Février 2013, pp. 1-13.

 

STOCK C. & SCHÖPFEL J. (INIST-CNRS, France), « Grey Literature in an Open Context : From Certainty to New Challenges », in Grey Literature in New Packages: Implications from the Transition to Electronic Publishing and Information Seeking, GELFAND J., 1996 pp. 1-15.

 

 

 SOURCES WEB :

 

Definition de la littérature grise, Strasbourg, 1997

http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_grise

 

Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert, Budapest (Hongrie), 14 Février 2002, french translation in http://www.budapestopenaccessinitiative.org/translations/french-translation

SOURCES AFNOR (organisme de normalisation)

FAQ SAGA = http://sidoc-lamp1.grenet.fr/saga/?page_id=71

« Les mémoires de DUMAS » : http://blog.ccsd.cnrs.fr/2013/06/les-memoires-de-dumas/

 

 

 

[1] En Marketing, les Early Adopters constituent souvent le premier marché d’un produit high tech en phase de lancement.

[2] LOKMAN I MEHO, « The rise and rise of citation analysis », in Physics World, January 2007, p. 32.

[3] Source : openaccess.inist.fr/spip.php?page=glossaire

[4] CONSEIL SUPERIEUR DES BIBLIOTHEQUES, “Le traitement de la littérature grise”, in Rapport annuel du Conseil supérieur des bibliothèques, Paris, Association du Conseil supérieur des bibliothèques, 1993, p.65.

[5] SOURCE AFNOR (organisme de normalisation)

[6] BULLETIN DES BIBLIOTHEQUES DE FRANCE, « Un meilleur sort pour la littérature « grise » ou « non conventionnelle. » », Paris, t. 24, n°7, 1979, p. 1.

[7] Traduction française : « [La littérature grise est] ce qui est produit par toutes les instances du gouvernement, de l’enseignement et la recherche publique, du commerce et de l’industrie, sous un format papier ou numérique, et qui n’est pas contrôlé par l’édition commerciale ».

[8] http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_grise

[9] BULLETIN DES BIBLIOTHEQUES DE FRANCE, « Un meilleur sort pour la littérature « grise » ou « non conventionnelle. » », Paris, t. 24, n°7, 1979, p. 1.

[10] CONSEIL SUPERIEUR DES BIBLIOTHEQUES, “Le traitement de la littérature grise”, in Rapport annuel du Conseil supérieur des bibliothèques, Paris, Association du Conseil supérieur des bibliothèques, 1996, p. 55.

[11] SCHÖPFEL J.,  http://hal.inria.fr/docs/00/13/68/29/PDF/Schopfel_GL_2006.pdf

[12] SCHÖPFEL J., « Le devenir de la littérature grise », in Edition numérique et fourniture de documents. http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/13/68/29/HTML/

[13] MANN V., « La valorisation des mémoires d’étudiants sur une archive ouverte institutionnelle : un fonds et un contexte spécifique. », dir. SCHÖPFEL J., & BESEGHER., Université Lille 3 Charles-De-Gaulle, Juin 2010, pp. 12-13.

[14] Extrait de Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert, Budapest (Hongrie), 14 Février 2002, french translation in http://www.budapestopenaccessinitiative.org/translations/french-translation

[15] COMMISSION EUROPEENNE, « Pour un meilleur accès aux informations scientifiques : dynamiser les avantages des investissements publics dans le domaine de la recherche. », in Communication de la commission au parlement Européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au comité des régions, Bruxelles, Juillet 2017, p. 6.

[16] Extrait de l’Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert, Budapest (Hongrie), 14 Février 2002, french translation in http://www.budapestopenaccessinitiative.org/translations/french-translation

[17] Hackyourphd.org/acceuil

[19] http://openaccess.inist.fr/spip.php?page=glossaire

[20] CHAUVIN S., GALLEZOT G., SCHÖPFEL J., « Les mémoires de Master dans les archives ouvertes », Juillet 2010, p. 4.

[21] CHAUVIN S., GALLEZOT G., SCHÖPFEL J., « Les mémoires de Master dans les archives ouvertes », Juillet 2010, p. 3.

[22] CHAUVIN S., GALLEZOT G., SCHÖPFEL J., « Les mémoires de Master dans les archives ouvertes », Juillet 2010, p. 3.

[23] COMBEROUSSE M., « La littérature grise » in BULLETIN DES BIBLIOTHEQUES DE FRANCE, Paris, t. 38, n°5, 1993, pp.1-3.

[24] L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, et de thèses, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés. Source : Portail HAL.

[25] Source : http://www.ccsd.cnrs.fr/support.html#qu_est_ce_que_hal

[26] MANN V., « La valorisation des mémoires d’étudiants sur une archive ouverte institutionnelle : un fonds et un contexte spécifique. », dir. SCHÖPFEL J., & BESEGHER., Université Lille 3 Charles-De-Gaulle, Juin 2010, p. 23.

[27] Source : http://blog.ccsd.cnrs.fr/2013/06/les-memoires-de-dumas/

[28] SCHÖPFEL J., « Vers une nouvelle définition de la littérature grise », in Cahiers de la Documentation 66, 3 (2012) 14-24, Février 2013, pp. 6-7.

[29] Source : http://theses.univ-yon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2011.alassaf_a&part=334013

[30] ALASSAF A., « Construction d’une offre de services pour le public universitaire en Syrie, approche managériale » in  CLAERR T., WESTEEL I, « Numériser et mettre en ligne », presse de l’Enssib, collection la boite à outils.

[31] STOCK C. & SCHÖPFEL J. (INIST-CNRS, France), « Grey Literature in an Open Context: From Certainty to New Challenges », in Grey Literature in New Packages: Implications from the Transition to Electronic Publishing and Information Seeking, GELFAND J., 1996 p. 12.

[32] CHAUVIN S., GALLEZOT G., SCHÖPFEL J., « Les mémoires de Master dans les archives ouvertes », Juillet 2010, p. 3-4.

[33] Source : « Ten years on from the Budapest Open Access Initiative : setting the default to open, http://www.budapestopenaccessinitiative.org/boai-10-recommendations

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